Sport adapté du Voironnais : leur petit truc en plus

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Sport adapté du Voironnais : leur petit truc en plus

Depuis 20 ans, le Sport adapté du Voironnais et ses encadrants bénévoles permettent à des personnes en situation de handicap mental, psychique ou cognitif de pratiquer une activité sportive « comme tout le monde ». Rencontre sur le parquet avec la section basket.


Ce samedi matin, ils sont une vingtaine de basketteurs à s’entraîner dans le gymnase de Plan Menu à Coublevie. D’un côté et de l’autre du terrain, l’équipe compétition et l’équipe loisirs évoluent dans la bonne humeur, sous les conseils des encadrants bénévoles. « Notre particularité est de nous adapter à chacun selon ses capacités », explique Sandrine Vette, présidente du Sport adapté du Voironnais.

Grâce à cette structure qui fête cette année ses 20 ans, ces joueurs, en situation de handicap mental, psychique ou cognitif, peuvent s’accomplir dans le sport, « comme tout le monde ». « Notre association, c’est d’abord une grande famille et des liens forts qui se sont noués, aussi en dehors du sport. Certains sont là depuis le début », témoigne Sandrine Vette. José, 58 ans aujourd’hui, a démarré le basket en 1992 : « Ça m’apporte plein de choses ! », reconnaît le joueur passionné et appliqué, bien connu au Pays voironnais basket club (PVBC) pour être celui qui passe la serpillière sur le parquet les soirs de matchs. « Il venait à Saint-Cassien à mobylette ! », se souvient la présidente, sourire aux lèvres.

 

Le basket, mais aussi la randonnée et l’escalade

Avant même la création de l’association en 2004, une section basket sport adapté a en effet été créée à l’ASL Saint-Cassien en 1991. « Il n’y avait rien sur Voiron à cette époque. C’est la seule structure qui a accepté de nous accueillir », souligne Sandrine Vette, à l’origine de la section avec Louis Repiton, Maurice Vincent et Pierrette Gueydon, membres de l’Afipaeim (*). À ce moment-là, Sandrine Vette, entraîneure à l’ALV Basket, revient marquée par une expérience dans un camp pour personnes handicapées près d’Ottawa au Canada. À 20 ans, elle décide de s’investir bénévolement pour le sport adapté. En 2004, elle crée l’association, qui s’implante à Voiron. Depuis, la bénévole est restée fidèle à la structure, malgré ses déménagements successifs. Comme son mari Olivier et elle, d’autres se sont impliqués au fil des années, permettant de proposer d’autres activités : la randonnée et la marche douce, puis l’escalade. Cette dernière activité a été mise en place en 2007, grâce à un partenariat avec Amitié nature Voiron, qui met à disposition des grimpeurs formés.

Comme dans tout club sportif, la compétition est présente. Les jeunes de la section escalade participent ainsi régulièrement aux championnats de France : « Ça les motive », relève Marcelle Michallat, qui encadre depuis plusieurs années cette activité, ainsi que la randonnée. En basket, l’équipe voironnaise a même été vice-championne de France en 2007.

 

« On rêve de proposer du basket fauteuil »

Dans l’avenir, le club, qui s’est déjà rapproché du PVBC, souhaite développer d’autres partenariats, notamment avec l’ALV Basket. « On rêve de proposer du basket fauteuil, mais on ne sait pas faire », reconnaît Sandrine Vette. La responsable reçoit aussi beaucoup de demandes pour du foot. « Pour ça, on a besoin de renfort, des jeunes en particulier, car les bénévoles sont vieillissants. »

 

« Si on appliquait la loi de 2005 sur le handicap, notre association ne devrait pas exister. L’engouement pour les Jeux paralympiques a été éphémère. Il y a encore du chemin pour l’inclusion des sportifs porteurs de handicap. »

Sandrine Vette, présidente du Sport adapté du Voironnais.

Et la présidente de rappeler l’état d’esprit du club : « L’encadrant est là pour tous les sportifs, pas seulement pour son enfant ou un proche. » Marie-Hélène, dont le frère joue au basket depuis 10 ans, s’est laissée convaincre il y a deux ans : « On voit les jeunes dans un autre cadre que l’Esat ou le foyer, apprécie cette enseignante auprès de personnes en situation de handicap. Chacun à son niveau peut progresser et prendre du plaisir à ce qu’il fait », constate-t-elle. « Ils nous apprennent beaucoup », relève Marcelle. « Ils sont vrais, sans faux-semblants », abonde Sandrine Vette, qui apprécie leur spontanéité. À l’instar de Dimitri qui, ce samedi à l’issue de l’entraînement, vient chercher un câlin auprès des encadrantes.


Leur petit truc en plus (pdf, 1221 Ko)
[03/12/2024]