
Samedi soir, les basketteuses voironnaises recevront La Tronche/Meylan pour la deuxième manche du derby isérois. À cette occasion, supporter, bénévole, ancienne joueuse et dirigeant nous parle de cette rencontre pas comme les autres.
La date du 22 mars est doublement entourée de rouge dans les calendriers des supporters du PVBC. Ce samedi sera en effet celui du dernier match de la saison régulière à domicile avec, en prime, un adversaire de prestige, puisque ce sont les voisines de La Tronche/Meylan qui feront le court déplacement jusqu’à Voiron. Un match à la saveur évidemment spéciale, comme l’explique le suiveur attitré du PVBC au sein du Dauphiné Libéré , Jean-Michel Gafforini. « Un derby, dans tous les sports, ça a une dimension particulière. On sait à l’avance que le gymnase sera plein. Avec des gens qui se connaissent entre eux. Dans l’esprit, c’est toujours un bon moment à passer puisque, même si ça “branche” un peu, cela reste convivial. Franchement, je ne connais pas de sportifs qui ne veulent pas jouer ce genre de matches. »
Icône du Pays voironnais, aujourd’hui à Terres froides , Cassandre Blanchon en a disputé à la pelle des rencontres de ce type dans sa carrière. Et elle se souvient du « stress » particulier que font naître les derbies. « C’est un match qui est censé déterminer quelle est la meilleure équipe du département. Il y a tout un folklore autour de ça. Les gens et les médias en rajoutent pendant la semaine précédente. Mais sur le terrain, c’est une saine rivalité, il n’y a pas de mauvais sentiment. »
Heureusement en effet, le basket-ball est, pour l’heure du moins, débarrassé des soucis de violence qui ont encore marqué le dernier week-end de Ligue 1 de football. Ainsi, entre Voiron et La Tronche/Meylan, on est loin d’une détestation mutuelle. « Nous entretenons de très bonnes relations avec nos voisins », jure même le président voironnais Nicolas Favier qui, pour preuve, met en avant les matches amicaux de présaison qu’organisent chaque année les deux clubs.
Pour lui et les autres dirigeants, recevoir les banlieusardes grenobloises, c’est en revanche une logistique particulière par rapport à un match de championnat classique. « On ne se pose même pas la question de savoir si le gymnase sera plein parce qu’en plus de nos supporters, on sait qu’on aura ceux du BCTM. On reçoit aussi plus de demandes d’invitation de la part des officiels pour cette rencontre », relaie Nicolas Favier qui, outre la question de la domination régionale, voit surtout dans cette confrontation l’enjeu de conserver l’actuelle deuxième place de ses joueuses au classement. « Très sincèrement, ce n’est pas forcément la première date qu’on regarde quand tombe le calendrier en début de saison. »
Un point de vue qui n’est pas toujours partagé par les supporters. « Un derby, ça reste un derby. On essaye de ne pas trop être chauvin mais bien sûr que notre cœur penche pour le PVBC donc on veut gagner », assume ainsi Michèle “Mimi” Martel (du café du même nom) qui ne rate jamais un match à Chautard. « Ce sont un peu deux voisins qui adorent se détester », sourit pour sa part Pierre-André Vial, supporter et ancien dirigeant du club voironnais selon qui, dans ce genre de matches, « le cœur bat un peu plus vite. Chacun veut montrer à l’autre qu’il est le meilleur du coin ». « Franchement, c’est la suprématie départementale qui est en jeu alors c’est le match qu’il ne faut pas perdre. Surtout à la maison », confirme Alex Khann, supporter mais également bénévole au PVBC.
Cela tombe bien, les Voironnaises restent sur deux succès coup sur coup face aux voisines en championnat, à domicile l’an dernier et à l’extérieur cette saison lors de la phase aller. Et puisque le derby, c’est surtout un joli livre d’histoires que l’on aime à exhumer, Cassandre Blanchon n’oublie pas de rappeler la saison 2018-2019. « Cette année-là, on avait gagné là-bas à la veille de la Saint-Martin. Franchement, c’est une victoire qu’on avait très bien fêtée… Bon, par contre, on avait explosé au retour chez nous [rires]. »
Mais puisqu’on n’a jamais dit qu’il fallait être complètement honnête en matière de derby, tout le monde a évidemment oublié cette rencontre le long de la Morge. Et gardé plutôt en mémoire que pour la “belle” en Coupe de France, c’est le PVBC qui avait gagné.