
Dans une ambiance des grands soirs, les basketteuses voironnaises sont venues à bout, ce samedi 22 mars, de leurs voisines de La Tronche/Meylan (66-54). De quoi faire exploser le gymnase Henri-Chautard à la fin d’un match pourtant bien mal engagé.
Il reste environ quatre minutes à jouer dans le troisième quart-temps. Et dans les tribunes du gymnase Henri-Chautard, on a du mal à s’emballer. Toujours au diapason de son équipe, le public voironnais souffre autant que ses protégées sur le terrain. Piégé par l’agressivité et la débauche d’énergie de La Tronche/Meylan, le PVBC peine à s’ouvrir des positions de shoot, rate ses lancers francs et se fait dominer au rebond.
Dans les rangs rose et bleu, il y en a une que ça agace. Pas n’importe laquelle. La taulière, la grande, l’immense Fabienne Constant. Alors seule (ou presque) face à l’armée rouge, la reine Fabienne se démène, protège son ballon comme si sa vie en dépendait pour l’envoyer, au buzzer et un peu n’importe comment, en direction du cercle adverse. Ça rentre et ça fait trois points. Le match vient de basculer.
Car quand, quelques secondes plus tard, l’entraîneur troncho-meylanais pose un temps mort, il y a 45 partout. Avant cette action, le Pays voironnais accusait encore 8 points de retard. Et c’en était trop pour la reine.
Chautard change alors de visage. Les « défense » sont criés plus fort, les bruits sur les gradins sont plus imposants, la sono semble avoir été montée d’un cran. Sur le terrain, le score passe de -7 à la mi-temps à +7 à la fin du troisième quart. Dix minutes après, ce sera +12, victoire de Voiron (66-54).
Pour beaucoup, ce derby, c’était le match à ne pas rater. Chautard plein, on a l’habitude. Mais à guichets fermés quasiment une semaine avant le coup d’envoi, on ne le voit pas souvent. Guillaume et Morgane ont ainsi fait la route depuis Domène pour assister à ce dernier match de la saison régulière à domicile. Supporters du BCTM ? Pas du tout. « J’ai un ami qui vit sur Voiron et qui m’a parlé du PVBC. C’est la deuxième fois qu’on vient cette année. L’ambiance est sympa et, généralement, les soirées d’après-match sont pas mal non plus », sourit le jeune homme. Pour ce derby, le PVBC avait en effet prévu une animation bodega pour le moins attendue au coup de sifflet final.
« Ça devrait être une bonne soirée », confirmait en écho Olivier avant le coup d’envoi. Lui aussi était venu, ce samedi, pour la deuxième fois de la saison. Le choix de l’adversaire ? « Pas vraiment un hasard », reconnaît-il.
Dans les deux camps, une formule semblait ainsi revenir en boucle dans la bouche des personnes interrogées. « Un derby, ça ne se joue pas, ça se gagne », résumait Esteban. Salarié du club de La Tronche/Meylan, le jeune homme a été désigné porte-parole par son kop pour nous raconter comment cette rencontre particulière est vue depuis la ligne d’en face. « Moi qui viens du foot, je sais l’importance de ces matches dans le sport. On a la chance, en Ligue 2, d’avoir deux équipes distantes de quelques kilomètres. Ça fait du bien à tout le monde parce que c’est une saine rivalité. »
Juste regrettera-t-il l’absence de zone dédiée aux supporters rouge et blanc dans l’enceinte d’un gymnase où le moindre centimètre carré semble avoir été optimisé pour accueillir le plus de monde possible. « C’est dommage qu’ils ne pensent pas à ça. On a été obligés d’arriver longtemps à l’avance pour pouvoir se garder des places côte à côte. »
Tout au long de la rencontre, Esteban et les forces rouges auront malgré tout mis l’ambiance. Avant que le destin ne choisisse le PVBC. Les tribunes pouvaient alors éclater. La sono lancer le tube Sara perché ti amo. Comme la quasi-traduction de toutes nos pensées. Chautard, c’est pour ces soirées-là qu’on t’aime.