
Durant quatre jours, la star du basket tricolore, aujourd’hui âgé de 53 ans, Antoine Rigaudeau fait profiter de son expérience les joueuses du PVBC. Les pros, mais pas uniquement… Nous étions à l’entraînement des U11 ce mercredi à Chautard.
« Vivement la fin, j’ai juste envie de dormir ! » Cette jeune basketteuse ne râle pas longtemps avant de retrouver sa place sur le parquet de Chautard ce mercredi. Un p’tit coup de « moins bien » alors que la séance d’entraînement de reprise n’est pas simple. Et pour cause, le coach du jour le dit lui-même, « je ne suis pas un animateur, mais un entraîneur-formateur » avec l’objectif précis que les jeunes joueuses et même les coachs du Pays voironnais basket club (PVBC) repartent avec un bagage de ces trois heures…
Cet entraîneur, c’est certainement l’un des meilleurs basketteurs français de tous les temps : Antoine Rigaudeau, aujourd’hui la cinquantaine, formé à Cholet, a gagné le championnat de France, remporté l’Euroligue, a été drafté en NBA, a remporté la médaille d’argent aux JO de Sydney. Une star donc mais peut-être moins populaire aujourd’hui. Marine Mulumba, joueuse pro du PVBC, qui regarde l’entraînement depuis la table de marque, s’en excuserait presque. « Non je ne le connaissais pas, mais on s’est renseignées avant sa venue ! » sourit-elle. La meneuse de l’équipe de Ligue 2 a suivi, avec ses coéquipières elles aussi, un entraînement avec l’international français, qui jouait… au même poste qu’elle. « J’avais un peu la pression, fallait pas se louper. » Ce qu’elle a gardé de ce moment ? « En fait, des détails qu’on a tendance à occulter, précise la Voironnaise. Sur les prises de repères, l’importance des changements de rythmes. C’était vraiment intéressant et après un mois de reprise, ça nous a changé de la routine. »
Des habitudes mises en place, avant le premier match officiel dans un petit mois, par le coach Quentin Buffard. C’est lui qui fait le lien avec Antoine Rigaudeau cette semaine à Voiron. « Son père Laurent Buffard a entraîné Antoine à Cholet », informe Pierre Gafforini, manager du PVBC. Qui cherchait à la faveur de la soirée partenaires du club « une personnalité inspirante » ayant « une culture du haut niveau que nous n’avons pas sur le territoire », souligne-t-il.
Finalement, après des échanges, l’ambition a même évolué. « C’est un passionné de basket et de transmission, précise le responsable. Il vient de créer sa structure qui doit faire profiter les clubs de son expérience donc on a établi un programme sur quatre jours. » Avec une séance de trois heures (au lieu d’1 h 30 traditionnellement) avec les U11 ce mercredi après-midi. Pour Margaux, c’était un moment fort, d’autant plus que c’était son premier entraînement de basket ! Son père Rémi n’a pas hésité, au moment des remerciements de fin de séance, à demander son petit selfie…
« L’idée, c’est qu’elle prenne du plaisir à jouer, et là il y en avait », se félicite le paternel souriant. Même expression sur les visages des pères de Mathilde et Maelya, 9 ans toutes les deux, basketteuses depuis quatre ans maintenant. « Quand j’étais joueur, c’était l’idole ! » précise un papa. Qui loue cette carrière exemplaire… mais qui reste marginale. « Je ne sais pas s’il y aura des joueuses pros dans ce groupe, et dans les autres que j’ai vus, affirme Antoine Rigaudeau à l’issue de l’entraînement. Mais je suis là pour leur donner des ressources en plus pour leur vie de tous les jours. C’est le rôle que j’ai, et je pense qu’il a plus d’impact, et donne plus de plaisir. » Même s’il s’accompagne de fatigue aussi ! Mathilde et Maelya ont les traits tirés mais ont adoré le moment. « C’était trop bien, mais un peu plus dur que d’habitude, sourient les jeunes filles. C’était impressionnant, et sa taille aussi ! »