
À Voiron depuis plus de dix ans, Bertrand Delage va quitter le Pays voironnais basket club cet été, après avoir été une figure marquante des Rose et Bleu. Depuis 2020, il était notamment le fidèle numéro 2 du coach de l'équipe première, Quentin Buffard.
Son patronyme trahit autant ses origines voironnaises que son ancrage dans le microcosme du sport local. Fils d'un entraîneur du SOV, Bertrand Delage a pourtant préféré suivre les traces de son grand frère dans le monde de la balle orange plutôt que d'évoluer dans celui, paternel, du rugby. Le basket-ball, il le dit lui-même, " j'en ai toujours fait ". Jusqu'à ce que ça devienne un métier, malgré des études en mécanique industrielle. " J'ai commencé à coacher très jeune, d'abord à Bavonne puis au PVBC où je suis arrivé il y a dix ans. À l'époque, j'ai saisi l'opportunité qu'on me proposait de me rapprocher du haut niveau. "
Avant cela, avec d'autres membres de sa génération comme Pierre Gafforini ou Yannick Janet-Maître, Bertrand Delage a aussi participé à la création du tournoi des Petits Chartreux, prémices de l'actuelle CTC (Coopération territoriale des clubs), qui fait désormais rayonner le basket masculin sur le territoire avec deux titres consécutifs de champions régionaux.
Même si, lui, c'est donc avec les filles du Pays voironnais basket club qu'il a évolué depuis le milieu des années 2010 jusqu'à la fin de cette saison 2025-2026 à l'issue de laquelle "l'homme de l'ombre" a tiré sa révérence pour s'embarquer dans un nouveau projet à Monaco l'an prochain.
Sur le Rocher, Bertrand Delage exercera le même métier qu'au cours de ces dernières années. Ce rôle aussi précieux que méconnu d'entraîneur assistant dans lequel il a brillé du côté du gymnase Henri-Chautard à partir de 2020 après avoir œuvré auprès des équipes de jeunes.
Un costume de "numéro 2" parfois difficile à porter pour les techniciens, mais dont il a su s'emparer pleinement. Peut-être parce que, tout simplement, il était taillé sur mesure pour lui dès le départ. " Aujourd'hui, avec l'expérience que j'ai acquise, je ne me sens pas l'âme d'un coach principal ", reconnaît d'ailleurs l'intéressé, qui a pu aussi évoluer, personnellement, au cours de ces dix dernières années en passant notamment avec succès ses différents diplômes. Cet été, son expertise reconnue dans le domaine de l'analyse vidéo lui vaudra d'ailleurs d'intégrer le staff de l'équipe de France U20 et de participer aux championnats d'Europe avec les Bleues.
On peut donc, légitimement, se demander pourquoi partir maintenant, alors que le PVBC sort d'une saison historique achevée en demi-finale de la Ligue 2 et pour aller renforcer un concurrent à la montée ? Bertrand Delage l'explique tout simplement : " J'étais en fin de contrat, comme l'ensemble du groupe, et je n'ai pas eu de retour de la part du club dans les délais que j'espérais. Entre-temps, Monaco m'a fait une proposition... J'ai dû faire un choix, même s'il n'a pas été facile. Après, je me dis que ça va être un beau challenge pour moi de sortir de ma zone de confort. Et c'est aussi une fierté puisque je vais exporter le savoir-faire de Voiron. "
Cela, il le fera toujours avec ce regard empathique qu'il porte aux joueuses, impressionné par ces athlètes " qui évoluent perpétuellement sur une crête entre le sous-entraînement et la blessure. Le rôle d'assistant amène à faire le lien entre l'effectif et l'entraîneur principal. Il faut une alchimie entre tout le monde pour que ça marche et, dans mon métier, les relations humaines représentent quelque chose que j'aime beaucoup. "
Après plus de dix années passées au club, ce ne sont évidemment pas les souvenirs qui manquent dans la tête de Bertrand Delage au moment de dire au revoir au PVBC. Mais difficile, pour lui, de n'en retenir qu'un. " Bien sûr, il y a la montée en Ligue 2 pour tout ce qu'elle représente, tout le travail qui a été effectué pour l'obtenir. Mais, d'une façon générale, ce que je retiens surtout ce sont les rencontres que j'ai pu faire au club. Il y a les staffs dans lesquels j'ai été, les joueuses et évidemment tous les bénévoles. " Sans parler des supporters : " C'est connu dans le milieu du basket-ball que venir jouer à Voiron n'est jamais facile pour les autres équipes. C'est une vraie richesse. " Et sans doute quelque chose qui lui manquera à Monaco où l'ambiance est beaucoup plus feutrée pour les matches à domicile des "Roca girls".